En tête à tête

[Interview] Le duo Khâro présente son nouvel EP, Triniteeth and a Pillow

Khâro © www.facebook.com/kharomusic

Khâro, c’est un duo atypique formé par Caroline Hembise (chant, écriture) et Eric Karolewicz (guitares, composition).  Dans un genre plutôt difficile à définir, Khâro aborde un univers musical inventif et imagé, qui mêle rock, électro et folk. Le résultat de ce surprenant mélange ? Une alchimie poétique, sombre et rieuse, pleine d’originalité.

Le 15 janvier dernier, ces deux musiciens ont sorti « Triniteeth and a pillow« , leur nouvel EP 3 titres. Nous les avons conviés pour cette occasion à répondre à quelques-unes de nos questions. Merci donc à Caroline et Eric de s’être prêtés au jeu de l’interview Détours de Scène !

Avant de parler de votre nouvel EP “Triniteeth and a pillow” sorti en ce début d’année, j’aimerais qu’on parle un peu de vous. Pouvez-vous nous présenter un peu le groupe et nous expliquer comment l’aventure Khâro a débuté ?

[Caro] Nous sommes un duo : Eric est guitariste et compose la musique, moi je chante et j’écris les textes. On s’est rencontrés il y a treize ans, je cherchais des musiciens pour monter un groupe. J’en ai rencontré plusieurs, et avec Eric ça a été un vrai coup de foudre musical. Du coup on a monté un groupe à deux.

[Eric] Moi je ne cherchais pas à monter un groupe, je cherchais juste une voix. Le coup de foudre a été réciproque : Caro était la chanteuse qui correspondait à la musique que je souhaitais jouer.

[Caro] : Oui, enfin, il y avait du boulot, quand même… à nos débuts j’avais certains réflexes de chanteuse de variétoche ! C’était tout pourri.

Comment décririez-vous la musique de Khâro ?

[Eric] Il paraît qu’il faut, dans ces cas là, parler de nos influences… Je n’en ai pas, ou trop ? Ce qui me donnerait envie de dire que cette musique est indéfinissable, avec un esprit rock ? classique ?… Ce qui est certain, c’est qu’elle n’est pas influencée par la mode. Je dirais tout de même que, sans chercher une quelconque ressemblance, les personnes qui aiment l’esprit musical de Mike Patton, Kate Bush, Fiona Apple, George Bizet… pourraient s’y retrouver dans une partie du répertoire Khâro…

[Caro] En effet, difficile de mettre une étiquette sur notre musique car d’un morceau à l’autre, on peut « changer de case »… On se sent très libres en fait, avec bien sûr les limites que la formule duo implique… des limites qui sont une richesse, aussi. En fait, on a envie de jouer la musique qu’on aimerait entendre, tant qu’à faire.

[Eric] J’ajouterai que l’aspect duo nous a permis d’étendre notre musique sans les contraintes de lui imposer un instrument dont on n’aurait pas besoin !

Votre discographie commence à se remplir petit à petit. Un premier CD “Lehvilu” en 2004, puis l’EP “Empty” en 2007. Un 2 titres “Some fairies” ensuite en 2010, et aujourd’hui votre nouvel EP 3 titres “Triniteeth and a pillow”… Quelles étaient vos attentes par rapport à ce nouvel EP ?

[Caro] Tu remarqueras quand même que c’est pas des albums de 15 titres… on est plutôt lents, en fait !

[Eric] Quand on attend, il ne se passe rien. Pour moi, on crée notre musique, on la joue, on la partage. Ce nouvel EP permet tout simplement aux gens de l’écouter.

[Caro] Oui, enfin…les gens qui savent qu’on existe ! Nous faisons une musique « de niche » avec très peu de diffusion, et nous en sommes conscients. Du coup, nous ne ressentons pas de pression. Ce que j’aimerais, personnellement, c’est que les gens qui aiment cette musique la partagent et la fassent découvrir à d’autres… que cela puisse être entendu, simplement.

[Eric] Nous avons choisi de le sortir en version numérique uniquement, contrairement aux précédents (sauf « Some fairies », qui est sorti tout seul). Les CD, ça prend de la place dans leur carton, et on finit par les trouver sur e-bay alors qu’on en a encore plein tout neufs.

Vous dites avoir conçu ce dernier EP dans un esprit “fait à la maison”, tel une  “conception artisanale assumée et revendiquée”. Pourquoi ce choix ?

[Eric] Nous aurions pu choisir de bosser en studio, comme nous l’avons déjà fait, avec du matos, un ingé son… L’aspect traditionnel, quoi. Mais nous n’avons jamais été totalement satisfaits du résultat. Nous avons une idée précise de notre son, ce qui est très difficile à expliquer, surtout en n’ayant aucune référence à faire écouter. D’où l’évidence : les seuls à pouvoir le faire tel qu’on le souhaite, c’est nous.

[Caro] Nous avions vraiment envie que ce 3 titres nous représente au niveau du son. Du coup, on a fait en sorte de s’équiper, d’acheter du matos avec notre budget limité, et de se former sur le tas pour l’enregistrement et le mixage. Je pense qu’un ingé son ayant l’habitude du studio serait mort de rire en voyant avec quel matériel on bosse… Et nous, on a par le passé pleuré de rire à plusieurs reprises en écoutant ce que des ingés son avaient fait de notre musique avec leur matos de bourgeois ! Personnellement, ça me fait marrer de voir plein de « références » sur les enregistrements des artistes : mixé par Untel, masterisé par Machin (à New York, ça fait bien)… c’est malheureusement bien souvent un truc pour rendre un produit plus vendeur, pour le formater, plutôt que pour sublimer une musique.

[Eric] Et puis, avec la guerre du volume dans les enregistrements audio, beaucoup de musiques ont perdu toutes leurs nuances : un chant doux, une guitare douce se retrouvent de ce fait au même volume qu’un instrument joué fort. Une musique en noir et blanc quoi, sans aucune nuance, même de gris ! Notre musique a la couleur de notre musique, et nous avons voulu que cet enregistrement soit fidèle à notre façon de la jouer.

[Caro] Avec ses imperfections que nous avons choisi de garder, ce 3 titres nous représente bien, du moins une partie douce et mélodique de notre répertoire. Nous avons hâte de commencer le projet suivant, d’apprendre encore, et de réinstaller la cabine chant avec les couvertures dans mon salon !

Avec cet EP, j’ai découvert 3 textes. “Triniteeth, vue 1 : Mère” ; “Triniteeth, vue 2 : Père” et “Triniteeth, vue 3 : Enfant”. J’ai fait l’expérience de lire chaque texte en l’associant à la chanson de l’EP qui lui correspondait. J’ai eu l’impression que l’un ne va pas sans l’autre, que le côté émotionnel du texte était accentué par son pendant musical. Quel sens donnez-vous à ces créations plutôt inattendues ?

[Caro] Ce que nous appelons les « mysthoires » sont des textes en français qui me sont inspirés par les morceaux. Notre univers est en fait assez profond, et ne s’arrête pas à la musique. Eric a dessiné un plan de « Lehvilu », qui est ce que nous appellerons, faute de mot plus adéquat, notre monde : il y a des régions, et les morceaux se trouvent dedans, selon leur sonorité et leur ambiance. Les mysthoires font partie de cela. C’est parce que je me sens bien dans l’écriture, mais cela aurait pu être du dessin ou de la couture, si ça avait été mon truc. J’aime l’idée de laisser venir l’émotion que m’apporte la musique, et de la laisser parler. C’est ce que je fais pour écrire les paroles aussi, quand paroles il y a.

[Eric] Selon moi, chaque musique apporte une émotion différente selon les personnes à un moment donné, et les mysthoires que Caro écrit sont l’une de ces émotions ressenties à l’instant ou elles ont été écrites.

[Caro] En effet, si j’avais écrit le lendemain ou la veille, les mysthoires auraient forcément eu un visage différent. Tout comme la musique, quand nous la créons, d’ailleurs. Mais ce qui est sûr, c’est que pour ce tryptique, il y avait des dents, et un problème de sommeil.

Maintenant que votre EP est sorti, quelle est la prochaine étape ? Des concerts en perspective ?

[Caro] Notre prochain concert est un concert acoustique au Café Citoyen de Lille le 14 février. Nous aimons l’ambiance d’une simple guitare, sans amplification, au plus proche des gens, dans des endroits propices à l’écoute et à l’échange. Et puis c’est moins lourd à porter que quand on a tout le matos ! Sinon, nous ne faisons plus de démarches, ou très peu, pour trouver des concerts : les salles nous sont inaccessibles (pas de label, pas de tourneur, pas de réseau), et jouer dans les bistrots devant des gens qui viennent juste boire un coup et nous demandent de jouer du Johnny ne nous intéresse pas. Par le passé, nous l’avons fait, c’est bien. Nous ne souhaitons plus le faire. Du coup, seules les personnes vraiment interessées par notre musique viennent nous chercher. C’est au jour le jour.

[Eric] De plus, le temps nous manque pour ce genre de démarches, nous préférons le consacrer pour perfectionner notre aspect musical. Nous sommes musiciens avant tout.

Un petit mot pour nos lecteurs ?

[Caro] Chers lecteurs, si vous connaissez personnellement Kylie Minogue, cela m’intéresse. Merci de me contacter via la page contact de notre site.

[Eric] Chères lectrices, …

 

Découvrez l’EP « Triniteeth and a Pillow » de Khâro :

Liens :

Site officiel du groupe : www.kharo.net
La page Facebook du groupe  : www.facebook.com/kharomusic

Crédit photo :

Khâro © www.facebook.com/kharomusic
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Détours de Scène

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