En tête à tête

En tête à tête avec Paranoid

Paranoid © Daphnée Delahaye

Mercredi 15 janvier 2014. 20h00. Dehors il fait froid, il pleut, je suis à pied et j’ai oublié mon parapluie je ne sais où.. Pas grave, les gouttes sur mon visage se font vite oublier par la multitude de questions que j’ai dans la tête. Dans quelques minutes, j’ai rendez-vous avec Matthew Bush. Le chanteur et guitariste du groupe Paranoid a accepté notre invitation pour une interview autour du premier album du groupe, sorti le 31 octobre dernier.

Mathieu, raconte-nous. Paranoid, c’est qui ? C’est quoi ?

Dans Paranoid, on est 3 et on est un groupe rock ! La plupart des gens disent que l’on fait du Grunge… même si nous n’avons pas l’impression de ne jouer que dans ce style. Mais après tout, pourquoi pas.
Depuis 2004, on a enchainé les concerts dans les bars de la région. On sortait des démos de manière très confidentielle et il y a 3 ans on a eu envie de faire un EP en studio. Quand fut terminé l’enregistrement du 3 titres, nous nous sommes dit qu’il serait bon d’en faire d’autres pour pouvoir faire un album. C’est pourquoi il y a eu un creux pendant 3 ans, période durant laquelle nous nous sommes entièrement consacrés à la réalisation de notre album.

Un album qui comporte désormais 9 titres. Comment est né cet album ?

Après avoir fait beaucoup de concerts, on a vendu quelques démos qui avaient un son « fait maison ». On se disait que ça prendrait une autre ampleur si l’on passait par quelqu’un qui avait du matériel de qualité. Enregistrer soi-même c’est rigolo, mais avec le nombre de groupes qui enregistrent chez eux, on a fini par faire partie de la bouillie que tout le monde mettait sur Myspace à l’époque, et met aujourd’hui sur Soundcloud.
Avec un bon son, on se disait qu’on pouvait obtenir quelque chose qui se démarque quand on démarche des bars ou des festivals. Quand l’idée de faire un 3 titres est venue, on a décidé de compléter avec 6 titres et de ne pas reprendre les concerts tout de suite. On a donc fait un album qui regroupe un panel assez large de ce que l’on a fait jusqu’ici. C’est un best of de nos 5-6 années de travail à 3.

Passer d’un enregistrement fait maison à un album fait en studio ne doit pas être de tout repos. Quelle a été la plus grosse difficulté lors de l’enregistrement de votre album ? 

Le plus dur est le fait de se prendre une baffe tout de suite par l’ingénieur du son.
Quand il nous dit « ça, ça ne va pas et c’est pour ça, pour ça, pour ça et pour ça… », on se dit « ok, bon, on continue l’enregistrement » et 10 secondes après il nous dit de nouveau « ça, ça ne va pas et c’est pour ça, pour ça, pour ça et pour ça » … D’accord… En fait, tout au long de l’enregistrement on s’est rendu compte de tous les défauts qu’on avait. Quand on répète dans une cave avec les moyens du bord, on ne se rend pas forcément compte de nos défauts.

« Quand on arrive en studio, on perd un peu tous les repères qu’on a en tant que musicien. On se rend compte de son niveau et de ce qu’il y a à bosser. »

En parlant d’ingénieur du son. Vous avez enregistré cet album au studio C&P de Sequedin. Pourquoi ce choix ? 

C’est un studio qui enregistre avec une qualité, un esprit encore très rock-métal indépendant, vraiment de la région. On a eu envie de travailler avec eux car il y avait quelque chose dans le son et dans l’esprit qui nous correspondait bien. [ndlr : l’album a été enregistré par Frédéric Pecqueur (Ace Out, Darkness Dynamite, Ed Wood Jr., Softly Spoken Magic Spells, Human Jail, …)]

On vous qualifie de groupe grunge, certes. Il y a un son très rock, très puissant sur cet album, mais très mélodique également. Est-ce lié avec ce que vous écoutez ? 

Oui complétement. On nous assimile beaucoup à Nirvana, mais notre batteur et moi sommes des grands fans des Smashing Pumpkins, et également de groupes comme Led Zeppelin ou Black Sabbath. Le bassiste du groupe a une basse très présente et mélodieuse, il écoute beaucoup de groupes comme Queens Of The Stone Age, mais également de l’électro. Du coup, ça crée un échange sur la direction que doit prendre tel ou tel morceau. Le mélange d »influences permet également d’apporter une certaine richesse.

Quel rapport as-tu avec tes propres chansons ?

Si je trouve à 90% qu’une chanson est bien et qu’il y a 10% qui ne vont pas encore, on va la faire et en la jouant, on verra si elle nous plaît encore. Mais être satisfait à 100% par une chanson, c’est quasiment impossible. Lors de l’enregistrement, comme il y avait beaucoup de nos anciennes chansons, on était tentés de changer des choses. Mais après réflexion, les chansons étaient bien comme ça avant, pourquoi aller en rajouter ? Au final, le rapport aux chansons n’est jamais le même, tous les jours il peut changer.

L’album est sorti le 31 octobre 2013. Comment vivez-vous la sortie de cet album ? 

On la vit plutôt bien. Mais c’était une sortie en demi-teinte car nous n’avons pas enchaîné les concerts tous de suite. Ce que l’on nous a souvent reproché. Avec l’enregistrement de l’album, on a répété de manière différente, c’était vraiment instrument par instrument. Ce n’était pas dans une optique de live, chacun jouait sa partie en écoutant la partie des autres, mais pas directement. On savait qu’on allait reprendre les concerts vers janvier car on voulait se donner au moins 4-5 mois de répétition intensive pour ne pas faire un premier concert à moitié prêts. Par contre l’album, on l’attendait depuis 3 ans, on n’allait pas attendre janvier pour le sortir. On s’est dit qu’on allait sortir l’album et ainsi pouvoir penser à autre chose.

Justement en parlant de live. Le 25 janvier prochain, vous jouerez au Garage Café de Cambrai avec le groupe Stylzero. Un peu le trac quand même ? 

A mort ! On va essayer de ne pas se planter pour la première ! Ce sera un concert de test aussi. Avant de revenir jouer à Lille où beaucoup de monde nous attend.

Lille viendra après Cambrai, avec Goomh le 08 février à L’Amul Solo. Un niveau de trac supplémentaire ?

C’est bien que le 2ème concert soit à Lille. On n’a pas envie de louper le premier à Cambrai, mais si on l’avait fait à Lille, cela aurait été encore pire niveau pression et cela aurait été vraiment costaud à gérer. Et jouer à L’Amul Solo, c’est comme jouer à la maison, on est des clients depuis peut-être 10 ans.

Comment envisagez-vous l’avenir maintenant ? Deuxième album ?

Oui j’y pense. Mais bon on se laisse bien le temps, on souhaite faire beaucoup de concerts avant. On n’est pas super pressés. On ne se donne pas de limites, on se donne le temps de voir venir les choses.

Beaucoup de concerts, il faut en faire pour écouler tous les albums. J’ai vu la fameuse palette de 500 CDs ! Vous en aurez assez ? 

Ah t’as vu la palette ! Ma mère m’en a pris 10, je sais pas trop ce qu’elle va en faire, en fait. Elle le distribue à la famille, c’est sympa. Bon, c’était un peu démesuré d’en faire 500, mais ça a fait son petit buzz comme on dit !

Et donc, où peut-on les trouver, ces CDs ? 

Pour le moment, uniquement sur notre page Facebook. Malheureusement nous n’avons pas encore de site Internet. On n’est pas très doués à ce niveau-là.

Pour terminer cette interview, quel est ton plus beau souvenir de groupe ? 

Mon plus beau souvenir de groupe, ça devait être à un moment où on ne jouait pas ensemble, Nico notre bassiste n’était pas encore là. J’étais juste avec mon batteur, on était à peine majeur, on ne savait pas trop ce qu’il se passait sur la scène lilloise à l’époque. On allait de bar en bar, et un soir on s’est retrouvés devant la finale d’un tremplin rock où jouait Noiseless [ndlr : groupe de grunge Lillois]. En les écoutant, je me suis dit : »Voilà, c’est ça, je veux qu’on fasse partie de cette scène-là ».  Pour moi, c’était une révélation, j’ai eu envie de faire un groupe, j’ai eu envie de me lancer là-dedans, j’ai eu envie de faire partie de ça. Dès que l’on s’est dit « on va faire des concerts », on a invité Noiseless et Stylzero et un groupe de l’époque qui s’appelait Subskin. A ma manière, j’étais heureux, car on faisait partie de cette scène rock régionale.

Un grand merci à Mathieu pour cet échange ! Promis, la prochaine fois on ira dans un vrai pub irlandais où la Guinness coulera à flots ;)

Informations pratiques

L’album Paranoid est disponible à la vente via la page Facebook du groupe.
Digital: 9€, CD: 11€ port inclus. Contact également par mail à associationsecretsquirrel@gmail.com

  •  25/01/2014 : Le Garage Café, Cambrai (avec Stylzero)
  • 08/02/2014 : L’Amul Solo, Lille (avec Goomh)
  • 14/03/2014 : Le Blue Devil, Arras
  • 22/03/2014 : Le Liverpool Bar, Valenciennes (avec Stylzero)
  • 05/04/2014 : Le Midland, Lille (avec Poisonshell)

Crédit photo :

Paranoid © Daphnée Delahaye
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