Live reports

Lescop – Yan Wagner, le renouveau Cold / New Wave

Lescop

C’est avec une certaine appréhension que je me dirige vers le Grand Mix de Tourcoing ce 13 février pour assister à la grande soirée Wave (Cold et New) annonçant le nouveau Roi et tout récent nommé aux victoires de la musique, Lescop pour son tube « La Forêt ». En première partie, le jeune franco-Américain Yan Wagner, digne descendant annoncé de New Order. Le tout dans une salle comble et bouillonnante où l’atmosphère et le béton armé très Manchester viennent placer mes attentes très très haut.
Boule au ventre.

Yan Wagner, bien plus qu’une première partie…

Lumières, projecteurs, et trois jeunes hommes élancés entrent en scène. C’est parti pour Yan Wagner. Dans un style ultra sobre et contrôlé (chemises noires, pochettes de l’album Power, Corruption & Lies en arrière-plan, lumières rouges tamisées…), le jeune homme enchaine les titres de son album éponyme d’une simplicité déconcertante pour un groupe estampillé New Wave.

yan wagner   Lescop – Yan Wagner, le renouveau Cold / New Wave

Yan Wagner produit alors une pop lourde et puissante écrasant tout sur son passage. Dans la fosse, j’ai la sensation de me faire rouler dessus par un semi-remorque rempli de fleurs séchées. Je suis surpris par la ressemblance vocale avec un autre roi du genre, Nicolas Jaar. Impossible de me sortir cette image de la tête pendant tout le reste du live. Je danse, mes yeux brillent. Mentions spéciales pour les titres « Stranger In Town » véritable bombe disco, mais aussi « Le Spleen de l’Officier » qui flirte entre James Blake et Daft Punk (oui oui !) et « On Her Knee » qui résume assez bien l’univers de Yan Wagner à lui seul.

Après un rappel et une reprise ultra stylisée du groupe allemand des 80’s Daf avec « Brothers », le groupe repart en coulisses, visiblement satisfait de la prestation donnée, et le public n’est pas en reste. Ce soir, YW était bien plus qu’une première partie.

Lescop, nouvelle vedette Cold Wave

Et voici enfin venu le temps de la star, la vedette Cold Wave, le Pape de l’Electro Pop : Lescop.
Entrée en scène déconcertante, puisque que tous les membres entrent un par un, le chanteur en dernier. Bon.
Et ça commence fort avec « Paris s’endort » et son électro basse à faire trembler les murs de l’Haçienda Mancunienne. Mes a priori se dissipent, je respire.

Lescop et son groupe, très dansant ce soir, vont alors montrer tout le potentiel live de l’album en jouant la quasi-intégralité de celui-ci. Avec de très bonnes surprises, comme le duo « Le Mal, Mon Ange » accompagné de Dorothée de Koon, un voyage dans les villes les plus complexes du monde (Paris, Los Angeles, Lubjana…) ou encore le combo fatal « Tokyo, La Nuit – Un Rêve » qui finit d’achever les spectateurs les plus sceptiques du Grand Mix.

lescop1   Lescop – Yan Wagner, le renouveau Cold / New Wave

Seul point négatif à souligner, le guitariste à la choucroute Wolfmother qui fait le show à coup de guitare soulevée et de tourbillons, qui dénote totalement du trip dans lequel nous emmène Lescop. Mathieu Peudupin – de son vrai nom – se surprend lui-même parfois à surjouer, les mains tendues vers le ciel, les yeux à demi clos. Il aurait certainement gagné à jouer avec plus de simplicité, ce qui aurait été plus cohérent avec le sens de l’album.

Quoi qu’il en soit, le public se dandine et se trémousse au son de la ligne de basse la plus parfaite du moment. L’apogée arrive avec le tubesque et tant attendu « La Forêt ». La foule est en transe, récitant les paroles machinalement telles des incantations maléfiques.

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Et puis c’est la fin. Enfin la fin officielle. Puisque que le frêle garçon nous revient avec des titres plein les poches. On continue alors notre aventure nocturne avec « Slow Disco », « Le Vent », qui, pour être totalement honnête, ne tardent pas à plomber un peu l’ambiance. C’est alors que le breton sort son arme secrète avec une reprise de Niagara, « Pendant Que Les Champs Brulent », qui peut surprendre au vu des références et comparaisons avec Lescop (Joy Division, Daniel Darc…). Pourtant, sur scène, la reprise semble être une évidence pour le groupe, tant il prend un plaisir non dissimulé à réinterpréter cette balade pop et finalement pas si naïve.

Deuxième rappel. C’est avec les yeux remplis de joie que le groupe revient une deuxième fois pour entonner LA chanson french Cold Wave par excellence, « Marlène ». On y est : la setlist parfaite.
Le groupe quitte enfin et pour de bon de la scène du Grand Mix avec le sentiment du devoir accompli. Les plus vieux ont retrouvé leurs âmes d’adolescents gothiques et les plus jeunes ont sans doute eu la sensation d’être au bon moment au bon endroit.

Ce soir, Lescop confirme tout le bien
que l’on pensait de lui.

Si comme moi vous êtes trop jeune pour avoir pu goûter aux plaisirs de la scène post-punk de Manchester des années 80, je pense pouvoir dire que ce soir, on a tutoyé Ian Curtis du bout de l’orteil gauche.
En résumé, Lescop confirme tout le bien que l’on pensait de lui. Mais il ne faudrait pas céder à la tentation de la starification qui pourrait vite lui tendre les bras et modifier l’essence même du groupe. A la vue de la prestation de ce soir, on peut se poser des questions.
Ceci dit, si la pop et la variété française de Lescop peuvent remplacer nos vieillissants Francis Cabrel, Michel Sardou ou autre Marc Lavoine dans le futur, on signe tout de suite.

Crédits photo :

© facebook.com/yan.wagner.official – facebook.com/lescoplescop
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A propos de l'auteur

Clément Bacq

Communicant, amoureux de la culture et touche à tout. Mon objectif est de faire découvrir tout ce qui vaut la peine d’être vu/écouté. J’accepte les chèques et les cartes bleues.

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bacq 5 mars 2013 à 9 h 25 min

Bravo mon fils j'ai lu ton article tu es doué tu devrais faire carrière dans le journalisme . Gros bisous je suis fière de toi

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