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La magie Indochine opère toujours

Indochine © www.indo.fr - Séance photo par Yves Bottalico - Photo report par Lorelen

Ce 2 avril 2013, les abords du Kursaal de Dunkerque ressemblent à une joyeuse colonie de vacances. Pourtant, il s’agit bien de la file d’attente pour le concert d’Indochine, première date régionale de la tournée Black City Tour. A 10h, les campements se démontent et la foule – déjà plus d’une centaine de personnes – se masse devant les portes. Manifestement, les meilleures places en fosse comme en gradins se décrochent dès l’aube. Au fil de la journée, les rangs ne feront que s’épaissir, patience à toute épreuve malgré le froid. 18h30, les 5000 fans sont là, les portes peuvent s’ouvrir. Le public s’installe et attend Indochine de pied ferme.

20h45. Le Kursaal est plongé dans le noir. Sept projecteurs rouges clignotent au son des cris du public qui s’intensifient dès les premiers riffs de guitare. Les ombres du groupe ondulent derrière une toile blanche qui ne tarde pas à tomber. Les hurlements se font de plus en plus forts. Nicola Sirkis s’avance et entonne le premier couplet de Black City Parade, titre qui ouvre également le nouvel album d’Indochine sorti en février dernier. La scène arrondie dévoile une mise en scène lumineuse où spots et néons bleutés ont remplacé les écrans imposants du Meteor Tour, précédente tournée du groupe.

indochine   La magie Indochine opère toujours

 Malgré ses 30 ans de carrière, Nicolas Sirkis esquisse quelques faussetés. Faudra-t-il ce soir donner raison aux détracteurs d’Indochine ? Pas pour longtemps en tout cas. Le rythme est effréné. Les titres du dernier né s’enchainent, explosion de paillettes. Traffic Girl et Belfast sont accueillis chaleureusement par le public avant d’entamer un plongeon jouissif dans les tubes d’antan. Punishment Park et son traditionnel jet d’harmonica rassure les plus nostalgiques, La nuit des fées rappelle l’époque dorée d’un Paradize au sommet.

Retour en 2013 avec Memoria, premier single de Black City Parade. Le public connait déjà les paroles par cœur. Wuppertal, l’un des morceaux les plus majestueux de ce nouvel album prend toute son ampleur sur scène. Les coups de baguette de Mr Shoes – le batteur d’Indochine depuis 2002 – retentissent dans la salle. Sirkis se montre beaucoup plus à l’aise dans les aigues, nous voilà rassurés. Bientôt, les fronts dégoulinent mais les mains restent toujours en l’air. Les décibels ne descendent pas d’un cran, ni sur scène, ni dans la fosse, ni dans les gradins. Le groupe est un véritable chef d’orchestre pour son public plus que rodé. À chaque chanson son rituel, sa chorégraphie. Sur Alice et June, les gradins tremblent. Le public vibre, tout s’emporte, s’élève. Liesse populaire. L’ambiance est à son summum et ne redescendra pas avant la fin du concert. Le public de la région est à la hauteur de sa réputation ce soir. Indochine tout autant. Sur 3 nuits par semaine, Nicola Sirkis traverse la fosse et rejoint les gradins. À son passage, les bras se tendent, les yeux brillent.

Ce soir, Indochine a balayé le Kursaal d’un son puissant, d’une émotion vive et intacte.

Aucun débordement, si ce n’est d’amour pour ce groupe qui conquiert chaque année de nouvelles générations. Avant College Boy, nouveau single et hymne contre l’homophobie, Nicola Sirkis évoque le choc de la manif pour tous du dimanche 24 mars à Paris. Si le message n’était pas encore assez clair, le chanteur propose de dédier le titre 3e sexe à Christine Boutin, présidente du parti chrétien-démocrate. Oui, les thèmes qu’aborde Indochine demeurent inchangés depuis les années 80. Mais force est de constater que les débats sociétaux aussi. Après Europane ou le dernier bal, le groupe salue le public et quitte la scène. Nicola Sirkis revient seul, guitare à la main et reprend Electrastar, dans une version acoustique poignante.

Ce soir, Indochine a balayé le Kursaal d’un son puissant, d’une émotion vive et intacte. On regrettera peut-être l’absence de certains titres du nouvel album dans la set-list du concert mais rassurons-nous, le Black City Tour n’en est qu’à son premier chapitre. Indochine a déjà donné rendez-vous à ses fans du Nord le 07 juillet prochain au Main Square Festival d’Arras et les 06 et 07 décembre au Zénith de Lille. Prêts à frémir.

Crédit photo :

Indochine © www.indo.fr – Séance photo par Yves Bottalico – Photo report par Lorelen
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A propos de l'auteur

Marion Duboquet

Journaliste et animatrice de l'émission Culture Pop sur RPL99FM

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