Live reports

Foals à l’Aéronef – De poulains à étalons.

Foals © David Tabary - En Astronaut

J’avais quitté les Foals un soir de Novembre 2011 après leur passage au Splendid de Lille. Belle époque que celle de Total Life Forever, album (positivement) contrasté, avec machines à danser (Blue Blood, This Orient…) et titres sublimant la noirceur (Black Gold, Spanish Sahara). Les Foals arpentaient alors le virage du second album avec le poids de leur premier album Antidotes. Un des albums les plus novateurs de ce début de siècle. Virage miraculeusement réussi donc. Et un live à la hauteur de leur réputation. Enorme claque.

Je les retrouve donc ce mardi 26 mars, les yeux brillants d’espoir et d’admiration, mais avec un goût amer en bouche. En effet, le troisième album HolyFire se trouve bien en deçà de mes attentes. Sans réelle originalité, passion. Mais surtout avec des tubes. Dans le mauvais sens du terme. Inhaler empruntant le même chemin que U2 et son « Get on your boots » soit un rock dur et aseptisé dans l’optique de toucher  le plus de monde possible. Et MyNumber où les anglais se parodient eux même. Sans grande conviction.

Album contre réputation live.
Gros combat en perspective.

C’est parti avec Jagwar Ma en warm up.

Globalement linéaire et manquant de punch et de mélodies, les Jagwar Ma ne sont un échauffement que pour habituer le public à l’acoustique de l’Aeronef (un poil plus précise que d’habitude). Déjà un petit exploit. Envie d’en finir vite.

Les adieux. Une bonne demi-heure d’attente. La salle, blindée, est bouillonnante et transpirante.

Enfin, on entend une introduction montant crescendo digne d’un film d’un Hitchcock sous cocaïne à faire exploser les cœurs les plus doux.

foals 7   Foals à l’Aéronef – De poulains à étalons.

Foals © David Tabary – En Astronaut

Mes poulains déboulent au pas et débute avec un Prelude enchanteur. A ce moment mon esprit bascule automatiquement en mode Rain ManBalloons, Olympic Airways. Je considère déjà ma soirée comme réussite. MyNumber, les néophytes se lâchent, je me contente d’esquisser mon pas de danse fétiche. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Et là…. Bad Habit. Euphémisme. Mauvaise habitude que prennent les Oxfordiens à bousiller le rythme des live avec de piètres morceaux. L’ambiance retombe un peu, je descends aussi de mon nuage. Le groupe s’obstine à une retenue certaine. Comme pour dire au monde entier « On a muri, on est  des grands maintenant ». Les titres Blue Blood, Milk & Black Spiders, Late Night, permettent de me laisser aller en douceur, en total accord avec les émotions qu’ils procurent.

En glisse vers la troisième partie du show. La partie dont on se souvient toujours, la part des anges.

foals 37   Foals à l’Aéronef – De poulains à étalons.

Foals © David Tabary – En Astronaut

 

Providence, son final épique, les  slams de Yannis. Les premières gouttes  s’échappent  de ma mèche mal coiffée. Spanish Sahara me rentre dans le ventreet dans la tête. RedSocksPugie m’embrasse douloureusement (au sens propre, j’ai mal partout).Une douleur loin d’être désagréable cependant. Une sorte de tatouage auditif, (cette batterie mon dieu). Et Electric Bloom et son show de lumière qui finissent de m’achever. Impossible de penser à quoi que ce soit. Ou plutôt si à plein de choses. Un peu les deux finalement.

J’ai besoin d’une pause. Parfait, les Foals quittent la salle.

Le temps de respirer, d’observer la salle.
Des visages heureux et satisfaits.

Yannis et Jack reviennent à la charge avec Moon. Petite faute de goût. J’aurais vraiment apprécié un titre comme Miami, beaucoup plus à propos dans l’esprit du concert que cette ballade un peu surévaluée. Et vient le fameux Inhaler. Rien à faire je n’y arrive pas. Trop de lumières, de voix, de guitares saturées. Trop de tout. Ils sont pourtant si bons dans la fausse retenue. Tant pis.

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Foals © David Tabary – En Astronaut

Le coup de grâce arrive avec TwoStepsTwice. Seul titre ou l’on peut s’égosiller dans des « Popolopopolo » avec classe. La transe totale, je finis dans les mouvements de foule du premier rang. Un final de génie. Merci.

La réputation live a donc pris le pas sur la fausseté de HolyFire. Je suis rassuré, comblé. Alors certes, on n’atteint pas la perfection et l’innocence des débuts. Les Foals sont davantage dans le calcul et la retenue. Mais l’émotion, elle,  est toujours présente et saura toujours trouver le cœur de ceux qui ont soif de vie. Des poulains devenus des étalons. Des étalons pas encore à l’abattoir.

Photographie

© David Tabary – En Astronaut // www.astronaut-photo.com
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A propos de l'auteur

Clément Bacq

Communicant, amoureux de la culture et touche à tout. Mon objectif est de faire découvrir tout ce qui vaut la peine d’être vu/écouté. J’accepte les chèques et les cartes bleues.

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