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Egyptian Hip Hop – Antoine Pesle. Soirée déconcertante.

Antoine Pesle © http://alpagerecords.com/antoinepesle

Mercredi 13 Mars. La neige engorge entièrement le Nord. Je m’attends à voir un Grand Mix totalement désert pour les Egyptian Hip Hop.

Il est vrai que le groupe ne bénéficie pas d’une énorme notoriété. Hormis un court passage au Grand Journal il y a déjà 2 ans de ça, et la sortie de leur album  Good Don’t Sleep en Novembre dernier. Seuls les accros de la première heure semblent s’être déplacés. J’avais été réellement touché par leur premier EP Some Reptiles Developed Wings contenant les singles Moon Crooner et Middle Name Period ayant lancé les (très) jeunes mancuniens dans le grand bain. J’ai été plutôt conquis par l’album et ses titres phares Yoro Diallo, White Falls et Tobago, même si l’ensemble manquait globalement de profondeur.

Bref. C’est avec curiosité que j’aborde cette soirée.

Justement, Antoine Pesle fait son apparition.

Seul sur scène, affublé d’un peignoir en soie à motifs fuchsia et bleu ciel. Il n’en finira plus d’attiser ma curiosité. Il entonne son répertoire de titres Electro Pop édulcorée avec entre autres les titres Elle, Inamoratodite (« chanson sur l’amour et le fromage »)  et même une reprise de Fleetwood Mac, Dreams. Pour Antoine Pesle le ridicule ne tue pas, c’est même son fonds de commerce. Le Grand Mix vibre à l’unisson et se montre très bon public, reproduisant les danses voodoo, et autres pitreries du Marseillais.

Visiblement influencé par les eighties, Antoine Pesle nous offre une prestation rafraichissante et dansante à souhait. Un bien fou de retrouver un artiste qui ne se prend pas au sérieux.

Le temps de préparer la scène et d’accorder les instruments et les Egyptian Hip Hop entrent en scène.

Deux guitares, deux basses, un chanteur vêtu d’une chemise que seul Morrissey aurait pu porter avec élégance… Le show s’annonce très groovy. Et voilà les faux rappeurs pharaoniques qui entament leur set, commençant par le titre White Falls et son Intro New Wave, et enchainant les titres de l’album les plus attendus d’entrée de jeu (Yoro Diallo, Tobago, SYH) suivis de plusieurs ballades Shoegaze (Alalon, Pearl Sound…). Alex Hewett fait le show, hurlant ou gémissant dans le micro, manquant très souvent de justesse, quittant même la salle pendant un moment.

Les Egyptian Hip Hop me montrent tout ce qui m’a déplu dans l’album.  A savoir un live surfait, fait par des jeunes branchés pour des jeunes branchés où le contenu passe largement après le paraître.

J’attends tout de même Moon Crooner avec impatience. Les Mancuniens entonnent alors une énième ballade inconnue au bataillon. Quelques couples de Hipsters s’embrassent à pleine bouche. La curiosité se dissipe, le dégoût s’installe. Et il s’avèrera que ce titre sera le dernier de la soirée. Hewett lâche alors « Now go get our CD and our Tshirts » et tout le monde quitte la scène. Le public est médusé. C’est réellement la fin. Ils avaient annoncé un concert de Rock sur les réseaux sociaux, nous avons assisté à déconcert d’un groupe loin d’être les défenseurs de la pop Made in Manchester.

Conclusion : huit à neuf titres, un peu moins d’une heure de Live.

Je me sens trahi. Non pas parce que j’avais placé beaucoup d’espoir en ces prometteurs jeunes banlieusards, mais parce que ce soir les Egyptian Hip Hop ont méprisé leur public.

Nous avons maintenant la preuve que la machine Hype peut faire de très bonne chose (comme leurs collègues Dutch Uncles…) mais peut également cramer la cervelle de jeunes pousses fraichement sorties.

Dommage.

Le plus triste dans cette histoire, c’est qu’il y avait beaucoup de monde à la boutique après le concert…

Crédit photo :

Antoine Pesle © http://alpagerecords.com/antoinepesle
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A propos de l'auteur

Clément Bacq

Communicant, amoureux de la culture et touche à tout. Mon objectif est de faire découvrir tout ce qui vaut la peine d’être vu/écouté. J’accepte les chèques et les cartes bleues.

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